Principes et conseils sur le karaté

Le karaté associe le physique et le mental dans une pratique qui dépasse largement le geste technique et la compétition. Ses racines, ses principes et ses modes d'apprentissage méritent d'être connus avant de pousser la porte d'un dojo.
Les origines
Le mot signifie littéralement « main vide » en japonais. L'art trouve son origine sur les îles d'Okinawa, où les techniques de combat locales se sont mêlées aux enseignements venus de Chine.
De cette rencontre est né un art martial qui privilégie les mouvements naturels du corps, la concentration et la maîtrise de soi, avec des positions codifiées, des frappes de poing, de pied et de genou, et un répertoire de blocages, d'esquives et de contre-attaques.
Le karaté est introduit au Japon au début du vingtième siècle, puis diffusé mondialement après 1945. Il est devenu sport olympique aux Jeux de Tokyo.
Les principes
Le premier est la recherche d'une harmonie entre le corps et l'esprit : le pratiquant apprend à canaliser son énergie, à développer une discipline mentale et à connaître précisément ses mouvements.
Le second est l'économie : obtenir l'effet maximal avec la force minimale, par le placement, le timing et le relâchement plutôt que par la puissance brute.
Le troisième est éthique. Une maxime attribuée à Gichin Funakoshi, principal artisan de la diffusion du karaté au Japon, résume l'esprit de la discipline : il n'y a pas de première attaque en karaté. La pratique est défensive dans son principe, et le respect du partenaire en constitue le cadre.
Les trois volets de la pratique
Le kihon : le travail des techniques de base, répétées seul, qui construit la mécanique du geste.
Le kata : des enchaînements codifiés contre des adversaires imaginaires. Ils constituent la mémoire technique de l'école et se transmettent depuis des générations.
Le kumite : le combat, du travail conventionnel à deux jusqu'à l'assaut libre, avec des règles de contrôle strictes selon les niveaux.

Les principaux styles
Le shotokan, le plus répandu au monde, aux positions basses et aux techniques amples.
Le gōjū-ryū, qui alterne dur et souple, avec un travail respiratoire caractéristique.
Le shitō-ryū, riche en katas.
Le wadō-ryū, influencé par le jujitsu, qui privilégie l'esquive et le déplacement.
Le kyokushinkai, en contact plein, plus proche des sports de combat percutants.
Les grades
Les ceintures de couleur, du blanc au marron, marquent la progression avant la ceinture noire, qui correspond au premier dan.
Contrairement à une idée répandue, la ceinture noire n'est pas un aboutissement mais le début du travail sérieux : les dan suivants s'obtiennent après des durées croissantes de pratique.
En France, la délivrance des dan relève d'une commission spécialisée reconnue par l'État, ce qui garantit une équivalence entre les clubs.
Débuter
Le karaté se commence à tout âge : les clubs proposent des cours enfants dès cinq ou six ans, des cours adultes et souvent des cours dits de karaté santé pour les seniors.
Quelques repères pour choisir un club : l'affiliation à une fédération reconnue, la qualification de l'enseignant, un diplôme d'État est requis pour enseigner contre rémunération, , la taille des groupes et la possibilité d'assister à un cours d'essai.
L'équipement se limite au début à une tenue et à une licence incluant une assurance ; les protections sont exigées pour le combat.
Sur le plan physique, l'échauffement, la progressivité et le respect des douleurs articulaires sont les meilleures préventions. Un certificat médical ou une attestation de santé est demandé selon l'âge et le cadre de pratique.